« Depuis que l’homme sait qu’il est mortel, il a du mal à être totalement décontracté », écrit Woody Allen.

Les angoisses existentielles, comme autant de moments de conscience qu’un jour nous allons tomber malades, souffrir, mourir, ne sont pas des idées délirantes (comme la certitude qu’un jour les extraterrestres vont venir me prendre) : elles sont des idées réalistes, et ce qu’elles annoncent s’accomplira tôt ou tard.

Pour certains, cette certitude est un obstacle définitif au bonheur : soit philosophique (« À quoi bon être heureux, c’est dérisoire puisque je sais comment tout cela va finir »), soit psychiatrique (« Je sais que je me pourris la vie, mais je ne peux m’empêcher d’être hanté par ces peurs »).

Et, pour d’autres, ces certitudes d’une vie transitoire et endolorie représentent au contraire une motivation supplémentaire : « Puisque nous allons mourir, puisque nous allons souffrir, comme tous ceux que nous aimons, autant savourer de toutes nos forces ce qu’il nous sera donné de vivre. » Accepter que nous sommes mortels et contempler régulièrement cette perspective, pour devenir, de notre mieux, des mortels heureux et joyeux. Il n’y a pas d’autre recette. »

Extrait de: Christophe André. « Et n’oublie pas d’être heureux »

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